Anxiété et dépression à Genève : une nouvelle étude Specchio identifie les zones à risque
Une étude récente de la cohorte Specchio révèle que l’anxiété et la dépression touchent une part importante de la population genevoise et se concentrent dans certains quartiers. En croisant données sociales, environnementales et de santé, les chercheurs dressent une cartographie inédite des zones à risque, ouvrant la voie à des actions ciblées en santé publique.
L’Unité d’épidémiologie populationnelle du Service de médecine de premier recours des HUG vient de publier les résultats d'une étude sur la santé mentale dans le canton de Genève, dans le Journal of Affective Disorders. Menée dans le cadre de la cohorte Specchio, étude soutenue par l'Office Cantonal de la Santé*, cette recherche longitudinale a suivi plus de 6'000 genevoises et genevois entre 2023 et 2025 pour mieux comprendre où et pourquoi l'anxiété et la dépression se concentrent dans notre ville.
Une personne sur sept touchée par l'anxiété
Les chiffres sont éloquents : environ 13 à 14 % des participants et participantes présentent des symptômes d'anxiété, et 8 à 10 % des symptômes dépressifs. Ces pourcentages, bien que relativement stables dans le temps, sont supérieurs aux moyennes européennes.
Des quartiers du centre-ville particulièrement concernés
Grâce à des outils d’analyses spatiales avancées via une collaboration avec GIRAPH, les chercheurs et chercheuses ont identifié des zones géographiques à haut risque, localisées de manière persistante dans le centre urbain de Genève. Ces zones présentent des caractéristiques communes : revenus médians plus faibles, forte proportion de ménages vivant seuls, taux de chômage plus élevé et part importante de résidents et résidentes non suisses.
L'environnement urbain en cause
L'étude met également en évidence le rôle de l'environnement: les zones à haut risque sont exposées à des niveaux de pollution atmosphérique plus élevés, à davantage de chaleur urbaine et disposent de moins d'espaces verts. Les habitants et habitantes de ces quartiers rapportent aussi plus de nuisances sonores, lesquelles constituent l'un des facteurs les plus fortement associés aux symptômes anxieux et dépressifs.
Le lien social, un facteur protecteur clé
Au-delà de l'environnement, la recherche souligne l'importance du soutien social : les personnes se sentant isolées ou peu soutenues sont significativement plus à risque. La qualité du sommeil joue également un rôle majeur. Les jeunes adultes de 18 à 34 ans apparaissent comme le groupe le plus vulnérable, avec une prévalence d'anxiété atteignant 25 % dans cette tranche d'âge (1 personne sur 4).
Vers des interventions ciblées
Ces résultats offrent une image précieuse pour une santé populationnelle de précision en identifiant les zones où les vulnérabilités sociales et environnementales se cumulent, l'étude ouvre la voie à des interventions mieux ciblées : aménagement urbain, renforcement du lien social, amélioration de la qualité de l'air et développement des espaces verts.
Vous aussi, participez à Specchio !
* Mandatée par l'Office cantonal de la santé et menée par l’Unité d’épidémiologie populationnelle du Service de médecine de premier recours des HUG, l'étude Specchio suit l'évolution de la santé des genevoises et genevois à travers des questionnaires en ligne réguliers. Toute personne adulte résidant ou travaillant dans le canton de Genève peut participer à l'étude Specchio et contribuer ainsi à une meilleure compréhension de la santé à Genève.


