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Tendances sur vingt ans de la performance cognitive et des facteurs de risque modifiables de démence : une étude en population générale suisse

Stephanie Schrempft , Claire Chevalier , Delia Antille , Roxane Dumont , Idris Guessous , Mayssam Nehme
Twenty-year trends in cognitive performance and modifiable dementia risk factors: a Swiss population-based study, European Journal of Public Health, Volume 36, Issue 2, April 2026, ckag046, https://doi.org/10.1093/eurpub/ckag046

Résumé:

Contexte : Les données sur l'évolution de la performance cognitive en population générale restent contrastées, et peu d'études intègrent des données postérieures à la pandémie de COVID-19. Plus de 40 % des démences seraient évitables en agissant sur des facteurs de risque modifiables, que l'indice LIBRA2 (updated LIfestyle for BRAin health) agrège en un score composite utile pour la surveillance en population générale.

Méthodes : Nous avons analysé les tendances de la performance cognitive sur 20 ans à partir de données d'enquêtes transversales répétées issues de l'étude Bus Santé (Genève, Suisse), couvrant la période 2005–2025. L'indice LIBRA2 a été calculé pour chaque participant à partir de 12 des 15 facteurs disponibles dans la cohorte. Des modèles de régression linéaire ont été utilisés, avec ajustements successifs sur l'âge, le sexe, le LIBRA2 et ses composantes individuelles.

Résultats : Des adultes âgés de 50 à 75 ans ont réalisé le test de l'horloge (N = 6 902, 51 % de femmes). La performance cognitive au test de l'horloge a diminué de manière significative au fil du temps [β (IC 95 %), −0,11 (−0,14 à −0,09), P < 0,001], avec un score moyen passant de 9,0 en 2005–2010 à 8,5 en 2023–2025, et une proportion de troubles cognitifs passant de 14,2 % à 27,4 %. Des scores LIBRA2 plus élevés étaient associés à de moins bonnes performances cognitives [−0,08 (−0,11 à −0,05), P < 0,001]. Parmi les facteurs individuels, le faible niveau d'éducation, une position professionnelle manuelle, l'isolement social, l'obésité, le diabète et l'hypertension étaient associés à de moins bonnes performances, tandis qu'une activité cognitive et physique élevée jouaient un rôle protecteur. Ce déclin est resté significatif après ajustement sur l'ensemble de ces facteurs, et concernait tous les groupes d'âge et les deux sexes.

Conclusion : Cette étude en population générale suisse met en évidence un déclin modeste mais statistiquement robuste de la performance cognitive sur les deux dernières décennies. Les facteurs de risque modifiables de démence n'en rendent pas entièrement compte, ce qui suggère l'intervention d'autres déterminants encore mal identifiés, notamment l'impact de la numérisation sur nos modes de vie. Un suivi continu de la santé cognitive en population générale, accompagné d'une exploration des facteurs contributifs potentiels, s'avère nécessaire.

Lien vers l'article en anglais